Aller au contenu
Pour Vrai, marketing & contenu authentique

Stratégie13 min de lecture

La machine à inviter : le podcast en prospection B2B

Invités choisis comme des prospects, script d'invitation, préentrevue, kit de partage et suivi : le système complet du balado qui prospecte en B2B.

Par Philippe Legault, Associé, Directeur Stratégie & MarketingPublié le Mis à jour le

Un directeur des achats chez un donneur d'ordres reçoit combien de courriels de sollicitation par semaine? Assez pour avoir arrêté de les lire. Votre représentant le sait. Il appelle, il laisse un message, il relance, puis il finit par attendre le prochain salon industriel pour espérer trente secondes devant lui.

Maintenant, changez une seule chose dans le message. Vous ne vendez rien. Vous l'invitez à venir parler de son métier, une heure, dans un studio, avec des caméras. Ce n'est plus la même conversation : ce n'est plus lui l'acheteur, c'est lui l'expert.

C'est ça, la machine à inviter : utiliser votre balado comme porte d'entrée de votre prospection B2B au lieu de le traiter comme un projet de communication. Le balado n'est pas le contenu qui va convaincre votre prospect. C'est la raison d'entrer en relation avec lui, et l'épisode n'est que le début de la conversation d'affaires. Voici le système au complet, étape par étape.

Pourquoi ça fonctionne dans le manufacturier

  • Le cycle de vente est long. Quand il s'écoule parfois plus d'un an avant un bon de commande, il faut une raison de rester en contact sans harceler. Un balado en donne une.
  • Les décideurs sont peu nombreux et identifiables. Vous n'avez pas besoin de rejoindre une foule. Vous avez besoin de rejoindre quelques dizaines d'entreprises, et vous savez lesquelles.
  • Personne ne les interviewe. Un vice-président des opérations d'une usine de la Montérégie reçoit rarement une invitation à parler de son travail. Un dirigeant du secteur techno, lui, en reçoit régulièrement.
  • La preuve compte plus que la promesse. Une heure de conversation avec vous en dit plus sur votre sérieux que n'importe quelle brochure.
  • Vous demandez de l'attention, pas un budget. Une sollicitation commerciale oblige votre interlocuteur à défendre une dépense. Une invitation lui offre quelque chose : une tribune, de la reconnaissance, du contenu qu'il peut réutiliser jusque dans son recrutement.
  • Une heure d'entrevue vaut des mois de relances. Un appel de découverte dure vingt minutes et met tout le monde mal à l'aise. Une entrevue dure une heure et elle est agréable. Vous en sortez en sachant quels mots votre invité emploie pour décrire ses problèmes, qui décide vraiment chez lui et quels projets sont déjà budgétés. Aucun formulaire de qualification ne donne ça.

Un avertissement tout de suite : ce n'est pas une machine à contrats. Un invité ne signe pas parce qu'il est venu au studio. Ce que le système fait, c'est créer une vraie relation avec des gens que votre équipe n'atteignait pas. Ce que vous en faites ensuite dépend de vos ventes.

Étape 1 : choisir des invités qui sont des prospects

C'est la décision la plus importante de la saison, et elle se prend une seule fois, avant le premier tournage. Réunissez la direction et les ventes pendant deux heures et sortez de là avec dix noms.

Type d'invitéExemple manufacturierCe que vous visez
Prospect directDirecteur des opérations d'un donneur d'ordres que vous ciblezUne relation directe avec le décideur
PrescripteurFirme d'ingénierie, distributeur, association sectorielleDes références répétées
Client actuelUn client que vous mettez en valeur devant son industrieFidélisation et occasions de vente additionnelle

Notre répartition de départ pour une saison de dix : six prospects directs, trois prescripteurs, un client actuel. Ajustez selon votre objectif.

Un bon invité coche trois cases : il a une histoire à raconter, son réseau ressemble à votre marché, et il a le pouvoir de dire oui à un projet chez lui.

Et une règle absolue : l'invité doit être intéressant pour l'auditeur avant d'être intéressant pour vous. Si la seule raison de l'inviter est qu'il a un budget, ça va s'entendre dans l'épisode, et vous allez perdre les deux.

Étape 2 : le script d'invitation, prêt à copier

L'invitation doit être courte, précise, et ne rien vendre. Voici le gabarit que nous utilisons, à adapter à votre secteur.

Objet : invitation au balado [nom], une heure en studio

Bonjour [prénom],

Je produis [nom du balado], où l'on parle de [sujet précis] avec des gens qui le vivent tous les jours. Nos auditeurs sont surtout des [profil : dirigeants d'usine, acheteurs industriels, ingénieurs de projet].

J'aimerais vous recevoir comme invité. Ce qui m'intéresse chez vous, c'est [raison précise et vraie : un projet d'automatisation, un procédé particulier, votre position dans l'industrie].

Le format : une heure d'enregistrement à notre studio de Longueuil, plusieurs caméras, aucune préparation de votre côté. Je vous envoie les thèmes à l'avance. Vous repartez avec la vidéo complète et une série d'extraits que vous êtes libre d'utiliser comme bon vous semble.

Est-ce que [date A] ou [date B] fonctionnerait pour vous?

La relance, une semaine plus tard, tient en trois lignes :

Bonjour [prénom], je remonte mon message. Notre calendrier de tournage se remplit pour l'automne et je garde une place pour vous si le sujet vous intéresse. Un oui ou un non m'aide à planifier.

Trois interdits : ne parlez pas de votre produit, ne joignez pas de document de vente, et n'envoyez pas ça depuis l'adresse de votre représentant. L'invitation vient de l'animateur du balado, pas des ventes.

Pourquoi ce script fonctionne

  • Une raison précise de l'avoir choisi, lui. Le paragraphe « ce qui m'intéresse chez vous » est le seul qui compte vraiment. S'il pouvait être envoyé à n'importe qui, il ne convaincra personne.
  • Le coût en temps, dit d'avance. Un dirigeant refuse rarement à cause du sujet. Il refuse à cause du flou.
  • Ce qu'il repart avec. Les livrables sont nommés : c'est ce qui transforme une faveur en échange.
  • Une seule question, deux dates. Jamais « dites-moi vos disponibilités » : vous venez de lui donner du travail.
  • Rien à vendre, et ça se lit. Pas de produit, pas de pièce jointe : un courriel qui se lit en trente secondes sur un téléphone, entre deux réunions.

Après la relance, arrêtez. Un non clair vaut mieux qu'un silence, et une troisième tentative commence à ressembler à de la sollicitation.

Étape 3 : la préentrevue, quinze minutes qui changent tout

Une fois le oui obtenu, ne sautez pas cette étape. Quinze minutes au téléphone, une semaine avant l'enregistrement, pour valider le fil conducteur, les sujets à éviter et les histoires que votre invité raconte mieux que les autres.

L'intérêt réel est ailleurs. Pendant ces quinze minutes, vous entendez ses mots exacts : les irritants qu'il nomme, les échéances qu'il mentionne, la personne qu'il cite quand il dit « il faudrait que j'en parle à ». C'est la matière la plus précieuse de tout le processus, et elle arrive avant que la caméra s'allume. Notez tout, textuellement. Ces notes serviront deux fois : pour mener une meilleure entrevue, et pour écrire le courriel d'affaires qui viendra des semaines plus tard.

Étape 4 : l'expérience VIP au studio

C'est ici que la relation se construit, et c'est l'étape que la plupart des entreprises bâclent. Votre invité s'est déplacé, il a bloqué un avant-midi. Traitez-le en conséquence.

  • Un courriel avant la visite : adresse, stationnement, heure d'arrivée, quoi porter, les thèmes abordés. Zéro surprise. Aucune question piège pendant l'enregistrement, jamais.
  • Un accueil par son nom, un café, une visite rapide du studio et de la régie. Les gens de l'industrie sont curieux des équipements, montrez-leur.
  • Un décor soigné et une captation multicaméra. La qualité de l'image devient la qualité perçue de votre entreprise dans son esprit.
  • Une pause à mi-parcours, une photo avec lui, et dix minutes de bonus : deux courtes capsules qu'il pourra utiliser pour son propre recrutement ou sa page LinkedIn.
  • Un merci sincère et une poignée de main de votre dirigeant, pas seulement de l'équipe technique.

Une règle absolue pendant l'enregistrement : aucun pitch. Pas de « justement, chez nous, on fait ça ». Pas de question orientée vers votre offre. Votre invité doit finir la conversation en se disant qu'il a été bien traité, pas qu'il s'est fait vendre quelque chose. Toute la valeur du système repose sur cette discipline.

Notre studio de Longueuil compte quatre décors et une régie multicaméra, et permet même la captation devant public. Un invité qui a passé un bon moment chez vous continue de répondre à vos courriels longtemps après.

Étape 5 : le kit de partage de l'invité

Le réseau de votre invité, c'est votre marché. Il connaît d'autres dirigeants d'usine, d'autres acheteurs, d'autres ingénieurs. Rendez-lui le partage sans effort. Le kit n'est pas un cadeau : c'est un mécanisme de distribution.

Le kit contient l'épisode complet avec les liens directs vers YouTube et les plateformes d'écoute, trois à cinq extraits verticaux sous-titrés, les photos prises pendant l'enregistrement, une image de couverture avec sa photo et son nom, un visuel de citation avec sa meilleure phrase, et un texte de publication prêt à copier, écrit dans sa voix à lui. Envoyez-le avant la mise en ligne, pas après, pour qu'il puisse publier le jour même.

Une précision qui compte : les extraits doivent être à son avantage, pas au vôtre. Votre logo discret, son nom et son titre bien lisibles. Le kit sert d'abord l'invité. C'est justement pour cette raison qu'il fonctionne.

Étape 6 : le suivi après l'épisode

Un épisode sans suivi, c'est une carte de visite qu'on jette. Voici la séquence.

  1. Le lendemain. Un merci personnel de l'animateur, avec la date de sortie prévue.
  2. Le jour de la sortie. Le kit de partage et un rappel amical.
  3. Deux semaines plus tard. Les résultats de ses extraits, puis une vraie question sur son entreprise. Pas une offre, une question.
  4. Un mois et demi plus tard. Une mise en relation utile pour lui, ou un article pertinent. Vous donnez encore, sans rien demander.
  5. Le trimestre suivant. Une invitation à un enregistrement en public, à une visite d'usine, ou une rencontre autour d'un dossier précis. C'est ici, et seulement ici, que les ventes entrent en scène.

Deux règles : votre représentant n'appelle pas le lendemain du tournage, et tout se note dans votre CRM comme n'importe quelle occasion d'affaires. Un invité, c'est un contact chaud avec un historique.

Le courriel d'affaires, celui qu'on n'ose pas écrire

Quand le moment des ventes arrive, la plupart des équipes ne savent pas quoi écrire. Ressortez vos notes de préentrevue et citez votre invité au lieu de parler de vous.

Bonjour [prénom],

L'épisode a bien voyagé et les commentaires sont excellents. Merci encore d'avoir accepté.

Pendant notre conversation, vous avez mentionné [problème précis, dans ses mots exacts]. C'est exactement le genre de mandat sur lequel on travaille avec des entreprises comme la vôtre.

Est-ce que ça vaut trente minutes de votre temps pour en parler? Si la réponse est non, aucun malaise : l'épisode reste un plaisir en soi.

Ce courriel fonctionne parce qu'il cite l'invité au lieu de parler de vous, qu'il ne demande qu'une seule chose, et qu'il donne d'avance la permission de refuser.

Étape 7 : la demande d'avis Google

Le meilleur moment pour la faire, c'est à la fin de la journée de tournage, en personne, quand l'invité est encore dans l'expérience. Pas trois semaines plus tard par courriel.

La formulation : « Si vous avez apprécié l'expérience, un avis Google nous aide beaucoup. Je vous envoie le lien direct aujourd'hui. » Envoyez le lien le jour même, sans rien dicter et sans rien offrir en échange. Ne demandez qu'aux gens qui ont visiblement passé un bon moment.

Ces avis servent deux fois : votre visibilité locale à Longueuil et en Montérégie, et la vérification que fait un acheteur industriel avant de vous rappeler.

Mesurez la machine, pas les écoutes

Le nombre d'écoutes ne dit rien sur votre carnet de commandes. Si votre balado est un outil de prospection, suivez plutôt les indicateurs que vous fabriquez vous-même :

  • invitations envoyées et taux d'acceptation;
  • épisodes enregistrés avec un compte cible;
  • rencontres d'affaires ouvertes après un épisode;
  • soumissions et contrats avec la mention « source : balado » dans votre CRM.

Pour l'écoute, la rétention et l'attribution, la méthode complète est dans notre article sur le ROI d'un podcast d'affaires.

Ce que couvre le palier Acquisition, à 2 000 $

Nos trois paliers de podcast clé en main se distinguent par ce qui se passe autour de l'épisode.

  • Production, 1 000 $ par épisode. Le tournage, le montage et la mise en ligne. Vous amenez vos invités.
  • Rayonnement, 1 500 $. On ajoute le site web du balado, l'infolettre, la gestion du budget publicitaire et le rapport mensuel.
  • Acquisition, 2 000 $. On ajoute la machine à inviter au complet : la recherche et la qualification des invités avec votre équipe de vente, les gabarits d'invitation et les relances, la préentrevue avec chaque invité, le kit de l'invité brandé, la bande-annonce de l'épisode, la gestion de communauté, la recherche de commanditaires, la séquence de suivi et la demande d'avis.

Les 500 $ d'écart entre Rayonnement et Acquisition ne paient pas plus de montage. Ils paient le travail de prospection qui transforme dix épisodes en dix relations d'affaires. Comparez ce montant à ce que vous coûte une présence dans un salon industriel, ou au temps que met votre représentant pour obtenir une seule rencontre avec le même profil de décideur.

Ajoutez le démarrage de saison à 3 000 $ la première fois, et 1 000 $ par épisode si nous devons nous déplacer chez vous. Le calcul complet d'une saison est détaillé dans notre article combien coûte un balado d'entreprise au Québec, et la grille de tous nos services est sur la page prix.

Questions fréquentes

Est-ce que l'invité va se sentir manipulé?

Seulement si vous le manipulez. Vous ne cachez rien : c'est votre balado, à votre nom, dans votre studio. Il le sait. Ce que vous lui offrez est réel, du contenu professionnel qu'il peut utiliser. Le jour où votre représentant l'appelle, il se souvient d'une bonne expérience, pas d'un piège. Et la discipline du zéro pitch pendant l'enregistrement n'est pas négociable : c'est elle qui protège la relation.

Combien d'invités avant que ça donne quelque chose?

Aucun résultat n'est garanti, et nous ne prétendrons jamais le contraire. Ce que nous pouvons dire, c'est que le signal apparaît dès l'étape des invitations : le nombre de décideurs qui acceptent de venir vous parler est déjà une information sur votre positionnement. Prévoyez plusieurs invitations par épisode à produire, et gardez une liste d'attente.

Faut-il un gros auditoire pour que ça fonctionne?

Non, et c'est le point le plus contre-intuitif de la méthode. La valeur commerciale vient de la conversation avec l'invité, pas du nombre d'écoutes : la première vraie rencontre d'affaires peut arriver dès le premier épisode. La crédibilité, elle, se bâtit sur une saison complète, parce que c'est la régularité qui fait qu'on finit par vous appeler avant vos concurrents.

Est-ce qu'on peut inviter un concurrent?

Rarement une bonne idée en début de saison. Visez plutôt les entreprises complémentaires à la vôtre dans la chaîne d'approvisionnement, c'est là que se trouvent les prescripteurs.

Et si nos invités ne peuvent pas se déplacer?

L'épisode mobile règle ça. On monte le matériel chez vous ou chez l'invité, sur le plancher. Pour du contenu ponctuel sans engagement de saison, regardez plutôt nos formules à la carte.

Le point de départ

Ouvrez un tableur. Une colonne pour le nom, une pour l'entreprise, une pour le titre, une pour la raison de l'inviter. Remplissez dix lignes avec votre équipe de vente. Si vous n'y arrivez pas, votre problème n'est pas votre balado, c'est votre liste de comptes cibles.

Vous voulez voir le genre de balados que ça donne? Regardez notre production des Dérangeants, qui cumule 2,4 millions de vues sur YouTube. Et si vous préférez qu'on regarde votre liste de noms avant de parler de production, c'est exactement par là qu'on commence.

Prochaine étape

Envie d'appliquer ça à votre marque?

Un appel de 30 minutes, sans engagement. On regarde votre situation et on vous dit franchement ce qu'on ferait à votre place.

30 minutes · Gratuit · Les prix sont déjà affichés

Vous préférez parler tout de suite? Appelez au 514 668-2652, ou écrivez-nous.