Dans la majorité des PME manufacturières que nous visitons, la création de contenu fonctionne de la même façon : quelqu'un sort son téléphone quand il se passe quelque chose de beau à l'atelier. Une pièce impressionnante, une nouvelle machine, un party de Noël. Le résultat arrive en rafale pendant deux semaines, puis plus rien pendant deux mois, parce que la personne qui filmait avait un vrai poste à occuper.
Il existe une autre façon de faire, et elle est empruntée à votre propre monde : le lot de production. On concentre l'effort sur une journée, on tourne en série, puis on décline. Une journée de tournage bien préparée alimente un mois de publications. Voici la mécanique complète, sans mystère.
Ce qui se passe avant la journée
La journée n'est jamais le début du travail. Elle en est le point de bascule. Avant, il y a le plan de contenu, construit pendant le mois d'audit de notre service de médias sociaux en continu.
- Les publics. Un manufacturier parle rarement à une seule audience. Il y a les clients et les distributeurs, il y a les donneurs d'ordres, et il y a les candidats. Un soudeur qui magasine un emploi ne regarde pas la même vidéo qu'un acheteur industriel.
- Les angles. On choisit les sujets : un procédé à montrer, une expertise à démontrer, un portrait d'employé, une réponse à une objection qui revient en vente.
- Le repérage. Où est le bruit, où est la lumière, où sont les zones interdites, qu'est-ce qui ne doit pas apparaître à l'image parce que c'est une pièce sous entente de confidentialité.
- L'horaire réel. On bâtit la séquence avec le contremaître. Les gens à l'écran sont convoqués dans une fenêtre précise, pas cherchés dans l'usine pendant une heure.
Cette préparation est ce qui distingue une journée productive d'une journée gaspillée. C'est aussi ce qui explique pourquoi le premier mois d'un mandat ne contient aucune publication.
La journée type, bloc par bloc
| Bloc | Ce qui se passe |
|---|---|
| Arrivée | Accueil, formation santé et sécurité si elle est exigée, équipement de protection, tour du plancher avec le responsable. On repère les prises de courant et les zones de circulation des chariots. |
| Montage technique | Installation caméras, micros, éclairage d'appoint. On teste le son : une usine est un environnement bruyant et c'est le son, pas l'image, qui fait échouer une vidéo. |
| Entrevues | Les prises de parole. Direction, expert technique, employés. On tourne les entrevues tôt, quand les gens sont frais et que l'horaire n'a pas encore glissé. |
| Séquences de procédé | Le coeur de la journée pour un manufacturier. La matière qui entre, la coupe, le pliage, la soudure, l'assemblage, le contrôle qualité, l'expédition. Plans larges et plans serrés. |
| Portraits et photos | Portraits fixes des gens et des équipes, photos de produits et d'installations, utiles pour tout le reste de l'année. |
| Captations courtes | Formats verticaux tournés exprès : une astuce de métier, une réponse à une question de client, une présentation d'outil. |
| Fin et vérification | Sauvegarde double des cartes avant de quitter le site. On ne quitte jamais une usine avec une seule copie. |
Une journée bien menée dérange la production une seule fois, dans une fenêtre annoncée d'avance, au lieu de la déranger cinq fois par mois de façon imprévisible.
Ce qui sort d'une journée
C'est ici que le lot devient rentable. Un même tournage se décline sur plusieurs axes, parce que le matériel brut est réutilisable dans des combinaisons différentes.
- Une entrevue de fond donne une vidéo longue pour votre site ou votre page d'entreprise, et une série d'extraits courts, un par idée forte.
- Les séquences de procédé donnent des vidéos sans parole, montables à volonté, réutilisables pendant des mois comme habillage sous une autre voix ou un autre texte.
- Le portrait d'un employé donne du contenu de recrutement, qui est souvent le contenu le plus vu d'une PME industrielle parce qu'il circule dans le réseau personnel de la personne filmée.
- Les photos fixes servent aux publications statiques, aux offres d'emploi, aux fiches produits et au prochain salon industriel.
- Les captations courtes remplissent le calendrier entre les pièces plus lourdes.
Le compte exact est fixé dans votre plan de contenu, pas promis à l'aveugle. Ce qui est constant, c'est la logique : une journée de captation produit assez de matière pour tenir un rythme de publication pendant les semaines qui suivent, et il en reste dans la banque.
Pourquoi le lot bat le tournage à la pièce
Vous connaissez déjà ce raisonnement. Un atelier ne change pas d'outillage entre chaque pièce s'il peut faire une série. Le temps de mise en course, c'est le même pour une pièce ou pour cinquante.
En contenu, la mise en course, c'est le déplacement, la formation sécurité, le montage technique, la mise en confiance des gens devant la caméra. Ce temps-là est payé une fois par visite, peu importe combien de contenus sortent de la visite. Multiplier les petits tournages, c'est multiplier les mises en course. C'est aussi la raison pour laquelle nous tarifons à la journée de tournage plutôt qu'à la publication. Le détail des paliers, 3 000 $, 5 000 $ et 9 000 $ par mois, est sur notre page prix.
Le calcul du coût réel d'un employé qui filme
L'objection revient à chaque rencontre : engager quelqu'un à l'interne coûterait moins cher. Peut-être. Faites le calcul au complet, avec vos chiffres, comme vous le feriez pour une machine.
| Poste de coût annuel | Vos chiffres |
|---|---|
| Salaire brut | _______ $ |
| Charges de l'employeur : RRQ, RQAP, assurance emploi, CNESST, Fonds des services de santé, normes du travail | _______ $ |
| Vacances, fériés, congés de maladie | _______ $ |
| Équipement amorti : caméras, optiques, micros sans fil, éclairage, cartes, disques, ordinateur de montage | _______ $ |
| Licences logicielles : montage, étalonnage, musique libre de droits, planification | _______ $ |
| Formation continue et temps d'apprentissage | _______ $ |
| Poste de travail, assurances, temps de gestion du superviseur | _______ $ |
| Recrutement et remplacement au départ de la personne | _______ $ |
| Total annuel | _______ $ |
Divisez par douze et comparez avec un forfait mensuel. Puis ajoutez les trois coûts que le tableau ne capte pas.
- Le coût d'opportunité. Quand c'est la coordonnatrice à la qualité ou l'adjointe à la direction qui filme entre deux tâches, l'entreprise paie deux fois : le contenu est moyen, et le travail principal prend du retard.
- Le point unique de défaillance. Une personne, c'est zéro redondance. Vacances, maladie ou démission, et la présence en ligne s'arrête net. Une agence a une équipe derrière chaque mandat.
- Le plafond technique. Une caméra sur trépied ne donne pas une régie multicaméra, un éclairage maîtrisé ni un mixage propre. Notre studio de Longueuil a plusieurs décors, une régie multicaméra et la possibilité de capter devant public. Un poste interne n'achète pas ça avec un budget d'un employé.
Le raisonnement inverse existe aussi, et il est légitime. Si vous avez le volume pour occuper une personne à temps plein toute l'année, l'interne devient logique. Dans ce cas, la question devient qui l'encadre et qui lui donne un plan.
Ce que ça change pour la vente et le recrutement
En sous-traitance industrielle, le cycle de vente est long. Un acheteur qui vous découvre aujourd'hui ne lance pas un appel d'offres demain. Il vous regarde pendant des mois, il vérifie votre capacité, il évalue le risque. Un flux de contenu constant, alimenté par des journées de tournage régulières, c'est ce qui vous garde présent pendant cette période où il n'y a rien à vendre.
Pour le recrutement, la mécanique est plus directe. Dans un contexte de pénurie de main-d'oeuvre, un soudeur ou un machiniste qui voit votre atelier, vos équipements et vos gens avant même de postuler arrive déjà à moitié convaincu. Le contenu tourné sur le plancher fait ce travail-là mieux qu'une affiche d'offre d'emploi.
Si l'objectif est plutôt de faire parler vos experts en profondeur, la formule du podcast clé en main se combine très bien avec les journées de tournage. Et pour un besoin ponctuel, une vidéo corporative ou une séance photo, tout est en contenu à la carte.
Questions fréquentes
Est-ce qu'il faut arrêter la production ?
Non. On tourne autour de la ligne. Les seuls arrêts sont ceux que vous décidez, par exemple pour une prise de parole dans un environnement bruyant, et ils sont planifiés d'avance avec le contremaître.
Combien de temps dure une journée sur place ?
Une journée de travail complète, avec le montage technique au début et le démontage à la fin. L'horaire est calé sur votre quart de travail, pas sur le nôtre.
Nos employés ne veulent pas être filmés.
C'est fréquent et c'est correct. On travaille avec les volontaires, et on montre beaucoup de mains, de gestes de métier et de matière. Un plan de soudure serré est souvent plus parlant qu'un visage.
Est-ce que le contenu nous appartient ?
Oui. Les livrables sont à vous et vous pouvez les utiliser sur vos plateformes, dans vos présentations de vente et dans vos kiosques de salon industriel.
Peut-on tourner ailleurs qu'à l'usine ?
Oui. Chez un client, sur un chantier, sur un plancher de salon, ou à notre studio de Longueuil quand il faut un environnement contrôlé.
Par où commencer
Regardez d'abord ce que nous avons tourné pour d'autres entreprises d'ici sur la page réalisations. Ensuite, comparez la mécanique et les coûts sur la page médias sociaux en continu et sur la page prix. La bonne discussion de départ n'est pas « combien de publications par semaine », c'est « quelle journée, dans quelle usine, avec qui ».
